Une réflexion, pas une urgence
À l’approche des échéances présidentielles, plusieurs propositions envisagent une part plus importante de capitalisation dans le système de retraite français. Ce débat concerne les chirurgiens-dentistes affiliés à la CARCDSF, dont le régime complémentaire ne connaît aucune fragilité : réserves solides, gestion rigoureuse, anticipation de longue date. « La question n’est pas de répondre à une urgence, mais de réfléchir dès aujourd’hui aux évolutions qui pourraient renforcer notre régime demain », résume son président Eric Quièvre.
Répartition et capitalisation, deux logiques complémentaires
La répartition finance les pensions des retraités grâce aux cotisations des actifs ; la capitalisation investit les cotisations pour constituer un capital. « Ces deux approches, souvent présentées comme antagonistes, sont en réalité complémentaires », souligne Eric Quièvre. Le régime complémentaire de la CARCDSF n’est d’ailleurs pas une répartition « pure » : il s’appuie sur des réserves constituées depuis des décennies. Le principal défi n’est pas démographique, le nombre de praticiens progresse, mais lié à l’évolution incertaine du revenu professionnel moyen.
Quel intérêt pour les praticiens ?
Beaucoup de chirurgiens-dentistes complètent déjà leur retraite via des contrats Madelin ou un PER, une épargne facultative déductible fiscalement mais pas socialement. Une part de capitalisation obligatoire ouvrirait une double déductibilité, fiscale et sociale. Mais Eric Quièvre tempère : « les dispositifs de capitalisation offrent des rendements de l’ordre de 4 %, contre 5,95 % pour le rendement actuariel de notre régime complémentaire. La capitalisation n’a pas vocation à remplacer un régime performant, mais pourrait utilement le compléter. »
Une transition à organiser dans le temps
La capitalisation ne crée pas de ressources nouvelles : affecter des cotisations à un capital, c’est autant qui ne finance plus les pensions actuelles. Toute évolution suppose donc d’organiser une transition, sans alourdir des cotisations déjà élevées. Comme chez les pharmaciens, dont le régime combine déjà les deux logiques, la CARCDSF veut préserver sa liberté de choix. « Notre responsabilité est de garantir durablement une retraite de qualité, pas de défendre un modèle par principe », conclut Eric Quièvre.