“C’est justement quand l’éclairage faiblit qu’il faut ouvrir l’oeil.”
L’équinoxe est passé, ses grandes marées aussi ; s’ouvre la saison où les arbres, sans la moindre pudeur, se défont de leurs feuillages. Le Journal officiel, lui, n’a jamais attendu l’automne pour se dévêtir : chaque matin, un décret peut tomber, un arrêté, une nouvelle instruction, parfois viennent se poser sur le seuil de nos cabinets.
À l’automne, l’État se dévoile aussi. Les projets de loi de finances et de financement de la sécurité sociale (PLFSS) doivent être déposés cette année au plus tard le 6 octobre. Commencera alors un exercice que l’on croit réservé aux initiés. L’article 47-1 de la Constitution donne au Parlement cinquante jours pour se prononcer sur le budget de la Sécu, dont vingt pour l’Assemblée nationale en première lecture et quinze pour le Sénat. Chaque chambre examinera d’abord le texte en commission des affaires sociales. À l’Assemblée, le vote solennel est fixé au 27 octobre. Le Sénat prendra ensuite le relais, puis une commission mixte paritaire (CMP) tentera d’accorder députés et sénateurs, vers la fin novembre. Avec la présidentielle qui approche, le risque de dérapage, du calendrier comme des comptes, est réel.
Or, c’est souvent tard dans la nuit, en séance prolongée, que les amendements se feront les plus audacieux. Un article glissé à deux heures du matin, un ONDAM* serré d’un cran, un nouveau transfert de charges, un tour de vis… notre pratique quotidienne peut s’en trouver bouleversée. La vigilance est de mise.
La lumière baisse, les jours raccourcissent, et dans la nuit du 24 au 25 octobre, en pleine semaine d’examen du PLFSS dans l’hémicycle, les horloges reculeront d’une heure. Lumière tamisée, ambiance feutrée : décor rêvé pour les confidences et les mauvais coups. C’est justement quand l’éclairage faiblit qu’il faut ouvrir l’oeil. La tentation de l’hibernation est grande, celle de la couette aussi. Pas pour Les CDF.
Encore une fois, l’automne syndical ne sera pas de tout repos. À la mi-octobre, à Lyon, lors de notre Conseil d’administration confédéral, les CDF travailleront à anticiper les promesses électorales présidentielles, les évolutions législatives et de nos conditions d’exercice. Puis ce sera, du 24 au 28 novembre à Paris, le congrès international de l’ADF : cinq jours où la profession se montrera parée de ses plus beaux atours, où les couloirs fourmilleront et résonneront de nos pas pressés, avides d’informations. L’acmé aura lieu le 17 décembre lors de notre assemblée générale, moment où se révèle, sans fard, le bilan de l’année. Entretemps, les commissions nationales et départementales, les échanges syndicaux et institutionnels, les rendez-vous avec les tutelles et les élus rempliront des semaines déjà bien chargées par le quotidien auprès de nos patients.
Alors oui, la saison vous semble longue, mais les CDF resteront en éveil, les yeux grands ouverts, tenant leur rôle de corps intermédiaire représentatif et incontournable de la santé bucco- dentaire.