EBD : la prévention bucco-dentaire étranglée par le tiers-payant complémentaire

Imprimer
25.09.25

EBD : la prévention bucco-dentaire étranglée par le tiers-payant complémentaire

Après six mois d’expérimentation en conditions réelles et malgré les nombreux avertissements des Chirurgiens-Dentistes de France (Les CDF), le constat est sans appel : les dysfonctionnements se multiplient, les charges administratives sont décuplées, la garantie de paiement prévue légalement et conventionnellement n’est pas respectée.

Les CDF ont toujours été les initiateurs et les promoteurs de la prévention bucco-dentaire. La Convention actuelle vise à accélérer cette politique préventive en annualisant les examens de prévention et en amenant les complémentaires santé à y contribuer.

Le contrat de tiers-payant avec l’inter-AMC, imposé sans fondement légal à la profession, est cependant entaché de graves dysfonctionnements. Impossibilité récurrente de vérifier les droits complémentaires des patients, rejets injustifiés, dossiers égarés, impasses informatiques, facturations non réglées même après réclamations… autant d’obstacles rédhibitoires à la mise en œuvre du tiers payant complémentaire.

Les chiffres officiels sont totalement déconnectés des réalités des cabinets dentaires, les nombreux témoignages des praticiens attestent tous les jours de la défaillance du dispositif inter-AMC, et le taux de rejet est loin d’être marginal.

Malgré ce constat accablant, l’Assurance maladie lance une campagne grand public vantant un examen « offert » et « gratuit » pour les jeunes de 3 à 24 ans. Les CDF dénoncent une communication inconvenante et inappropriée, en total décalage avec la réalité quotidienne des cabinets dentaires. Elle expose les praticiens à une pression accrue de patients légitimement convaincus de bénéficier d’un examen et de soins « gratuits » alors qu’il s’agit d’un tiers payant, hélas totalement dysfonctionnel.

 

Les chirurgiens-dentistes ne peuvent être écartelés entre leurs obligations déontologiques et leurs droits garantis par la loi et la Convention. Ils sont appelés à poursuivre leur mission de prévention auprès des 3-24 ans et à obtenir le paiement de l’intégralité de leurs honoraires.

Pour cela, une seule voie est possible : revenir au payeur unique, l’Assurance maladie obligatoire (AMO), comme pour les patients en complémentaire santé solidaire (C2S).

Aucun chirurgien-dentiste ne doit abandonner le paiement du ticket modérateur (40% de l’acte). Les CDF recommandent donc à tous les praticiens de surseoir à l’utilisation du dispositif inter-AMC et de revenir au payeur unique 100% AMO pour l’EBD des 3-24 ans et les soins associés.

À charge pour l’AMO d’aller récupérer les sommes qui lui sont dues auprès des complémentaires santé.

Communiqué de Presse

Dernières actualités

17
Juil
2026

La majorité des patients peuvent être pris en charge dans le droit commun 

On estime qu’entre 11 et 12 millions de personnes vivent avec un handicap en France. L’accès aux soins bucco-dentaires demeure

lire la suite

17
Juil
2026

Benoît Caloone, vice-président aux affaires conventionnelles

Élu lors du Congrès de La Rochelle de mai dernier, Benoît Caloone a pris en charge les affaires conventionnelles. “Praticien

lire la suite

16
Juil
2026

Kolecto, une solution adossée au LCL 

lire la suite

16
Juil
2026

Les convertis de la onzième heure 

“La prévention bucco-dentaire n’est pas une variable d’ajustement conjoncturelle que l’on affiche faute d’idées novatrices.” Dans la parabole, les ouvriers

lire la suite

09
Juil
2026

Un enjeu de santé publique 

Pour le Pr Pedro Diz Dios, président de l’Association internationale pour le handicap et la santé bucco-dentaire (IADH), il est

lire la suite

09
Juil
2026

Soins dentaires et 100% santé : des améliorations et des fraudes 

lire la suite