Car un peuple sans espoir est un peuple dangereux – non pas par sa violence, mais par son désenchantement.

La France, ce vieux pays de lumières et de révoltes, marche aujourd’hui sur un fil tendu au-dessus du déficit abyssal du budget. Crise politique, crise financière, crise sociale : les mots s’enchaînent comme les vagues d’une tempête qui n’est plus à venir, mais bien là, battante et sourde.

De la dissolution à la censure et jusqu’à ce vote de défiance, première historique, les Français, fatigués, désabusés, ne croient plus aux sirènes des lendemains qui chantent. Ils épargnent, thésaurisent, comme on prépare ses réserves avant l’hiver. Mais quel hiver ? Celui d’une récession annoncée, d’un déclin assumé, ou d’un effondrement plus profond encore, celui d’un système social à bout de souffle ? Peur du lendemain, peur de l’inconnu, peur d’un système qui, hier encore, promettait protection et prospérité, et qui aujourd’hui creuse sa tombe à grandes pelletées de déficits.

Une crise d’horizon

Car c’est bien de cela qu’il s’agit : une crise d’horizon. Quand un peuple ne croit plus en son avenir, quand les promesses se transforment en dettes à léguer aux générations futures, et les rêves en inquiétudes, c’est toute la machine démocratique qui grince, puis se grippe. Les partis s’écharpent, les réformes s’enlisent, et l’État, colosse aux pieds d’argile, apparaît incapable de tracer une voie claire. À force de tergiversations, de renoncements, de demi-mesures, on finit jusqu’à perdre foi dans le progrès.

Alors, crise de régime ? Peut-être. Quand les institutions, et les acteurs politiques, ne répondent plus aux attentes, quand l’économie s’essouffle et que le social menace d’exploser, la question n’est plus de savoir si la crise viendra, mais quand elle frappera – et sous quelle forme. Une révolte ? Une résignation ? Une refondation ?

Et maintenant ?

Certes, notre pays a connu des heures plus sombres. Il s’en est toujours relevé, tant bien que mal, par la volonté de ses citoyens, par l’audace de certains de ses dirigeants, et surtout par l’écoute ainsi que le développement de ses forces vives dont fait partie l’entrepreneuriat libéral de proximité. Mais aujourd’hui, le défi n’est pas seulement économique ou politique. Il est existentiel. Il s’agit de redonner un sens à l’action collective, de retrouver une ambition partagée, de dessiner un horizon qui ne soit pas celui d’un déclin annoncé.

Car un peuple sans espoir est un peuple dangereux – non pas par sa violence, mais par son désenchantement. Et c’est peut-être cela, le vrai risque : que la France, lasse de ses crises, finisse par se résigner à n’être plus que l’ombre d’elle-même.

Pierre-Olivier Donnat

Président confédéral

Politique

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