“ S’il fallait retenir un mot : l’unité ! “
Vous lisez ce magazine quelques jours après le Congrès de La Rochelle. Un congrès dense, rugueux parfois, comme le sont toujours ces moments où une organisation prend la mesure d’elle-même avant de repartir. Un congrès, qui a rassemblé des délégués venus en nombre des départements de métropole et des outre-mer, pour exercer pleinement ce qui fait la singularité des CDF : une démocratie syndicale vivante, exigeante, fidèle à ses valeurs et à ses engagements.
Les débats furent à la hauteur des enjeux. Les arguments se sont croisés, les sensibilités se sont exprimées, les décisions ont été prises. C’est ainsi qu’un syndicat respire, non par une unanimité de façade, mais par la confrontation loyale des points de vue. À l’issue de ce travail collectif, les délégués ont adopté des motions et directives qui constituent la feuille de route de la confédération et élu une équipe renouvelée chargée de les porter pour les quatre années à venir.
Le Congrès de La Rochelle a pris en compte un fait majeur : la profession est entrée dans une période de mutations profondes, dont aucune ne peut être ignorée. La démographie d’abord, avec une augmentation significative du nombre de praticiens, des modes d’exercice qui se diversifient et une géographie qui se redessine. Le financement ensuite : l’Assurance maladie a elle-même utilisé le mot incontrôlable pour qualifier la trajectoire de ses comptes avec ce que cela annonce en termes d’arbitrages à venir. L’environnement de l’exercice enfin, alourdi par les contraintes administratives, par un tiers payant sur la prévention qui accumule les défaillances, et par une loi anti-fraude qui ouvre désormais les données de santé à des acteurs assurantiels.
Face à cela, les CDF ne se nourrissent pas de slogans, ils agissent avec méthode. Celle qu’ils pratiquent depuis toujours et que les motions votées viennent confirmer. Les engagements pris à La Rochelle tiennent en quelques fers de lance : accompagner les installations des plus jeunes afin qu’ils ne se sentent pas seuls, faire des services confédéraux une réponse concrète aux contraintes de l’exercice quotidien et remettre les départements au coeur du dispositif, parce qu’une confédération n’est rien sans ses syndicats locaux.
Lire le monde avec lucidité, défendre l’exercice libéral avec constance, négocier sans renier leurs valeurs fondatrices, bâtir des services : ces quelques items résument à eux seuls les fondamentaux des CDF et rendent la cotisation concrètement utile à chaque adhérent.
S’il fallait retenir un mot : l’unité !
Le Congrès s’est exprimé avec force, parfois avec passion. C’est un signe de pluralité et de vitalité où chaque cadre, chaque adhérent, quelle que soit sa sensibilité, a pu librement s’exprimer. Comme dans tout processus démocratique, une majorité s’est dégagée avec pour mission première de créer les conditions d’une unité confédérale, où chacun a sa place dans notre Maison et le sentiment d’être en confiance « chez soi », afin de mettre toute son énergie dans la défense des intérêts des consoeurs, des confrères au service de leurs patients.