« N’oublions pas qu’aucune santé globale n’est possible sans santé orale et l’accès aux soins dentaires en est le pilier. »

Pousser la porte d’un cabinet dentaire est encore loin d’être une banalité au point de reléguer à la préhistoire les nombreuses peurs qui animent les patients. Pour nombre d’entre eux, c’est l’équivalent de l’entrée dans un scénario où les angoisses et les peurs profondes sont paralysantes. Le cabinet dentaire est toujours un lieu difficile à appréhender.

Malgré ce contexte psychologique déjà lourd, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (PLFSS), par certaines mesures proposées, risque de favoriser encore davantage le renoncement aux soins dentaires, notamment pour les plus vulnérables.

Des efforts considérables ont pourtant été faits pour dédramatiser le suivi dentaire, favoriser la prévention et les soins précoces. Les chirurgiens-dentistes améliorent chaque jour l’accueil et le confort des soins. Les campagnes de santé publique et les dispositions conventionnelles ont constamment cherché à banaliser les visites de contrôle et à instaurer une relation de confiance dès le plus jeune âge, reconnaissant que la peur et la phobie sont des freins spécifiques majeurs.

L’objectif : faire en sorte que l’accès aux soins le plus précoce possible ne soit plus une épreuve, en particulier pour les populations les plus socialement défavorisées pour lesquelles les besoins sont les plus importants.


Aujourd’hui, certaines dispositions du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, comme l’instauration de franchises ou de mécanismes de régulation financière, sont de véritables menaces existentielles pour la santé orale. Elles constituent l’équivalent d’un coup d’arrêt à des décennies d’efforts en faveur de la prévention et de la banalisation du suivi dentaire.

Nous dénonçons avec la plus grande fermeté ce danger dentaire. Ces mesures sont contre- productives et clairement délétères. Elles vont aggraver les difficultés d’accès aux soins dans un domaine médical où les besoins sont plus qu’ailleurs corrélés à la situation sociale des patients, et creuser davantage les inégalités.

Le PLFSS 2026, en l’état, annihilera les fragiles progrès obtenus en matière d’accès aux soins et renverra des patients à la case départ : celle où la porte du cabinet dentaire leur apparaît inaccessible.

N’oublions pas qu’aucune santé globale n’est possible sans santé orale et l’accès aux soins dentaires en est le pilier.

Alain Vallory

Secrétaire Général des CDF

Politique

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