Créer du lien entre pôles, syndicats départementaux et équipes de terrain, mieux diffuser les orientations de la Confédération et redynamiser l’action syndicale, font partie des missions que s’est fixées Christophe Barbou, secrétaire général des CDF récemment élu. Fort d’un parcours syndical riche, de la Charente-Maritime aux instances nationales, ce dernier compte insuffler un nouvel élan aux CDF, aux côtés du secrétaire général adjoint, Clément Desroches.
Questions à Christophe Barbou
Après avoir été vice-président en charge de la syndicalisation au sein du dernier bureau confédéral, vous avez été élu à La Rochelle secrétaire général. Mais quel a été votre parcours ?
Mon adhésion aux CDF (CNSD) s’est faite quelques mois après le début de mon exercice. Diplômé de l’université Paris V, exerçant en libéral depuis 1993 à La Rochelle, j’ai aussi vécu une expérience d’assistant hospitalo- universitaire, dans ma faculté d’origine. Après cette période d’enseignement intéressante, j’ai été amené à m’investir localement, à propos de sujets autour de la profession. En 2016, j’ai pris la présidence départementale du syndicat de la Charente-Maritime. C’est lors de mon premier Congrès, celui de Giens en 2018, que Thierry Soulié, élu président confédéral, m’a proposé de rejoindre le niveau national à la présidence du pôle 1 récemment créé. L’expérience s’est poursuivie lors du Congrès de Dijon en 2022, au cours duquel j’ai été nommé vice-président. Enfin, en 2026, j’ai été à la fois membre organisateur du Congrès de La Rochelle et membre du Bureau confédéral, puis j’ai été sollicité pour rejoindre le projet de Pierre-Olivier Donnat.
Comment entendez-vous développer la dynamique et l’attractivité syndicale dans les départements ?
Nos projets reposent sur nos cadres actuels et futurs. Notre force, notre efficacité, notre représentativité dépendent de leur présence et de leur dynamisme sur leurs territoires et de leur unité. Cette grande équipe multi-départementale est le coeur battant de notre confédération. Le secrétariat général assure le rythme et constitue l’influx qui alimente et relance l’organe.
Nous avons défini 3 orientations d’action :
La première est de réunir : il nous faut constituer et maintenir un lien fort, permanent et constructif avec nos pôles, nos syndicats départementaux et associés. Ils sont nos ressources, et le bureau confédéral est leur gardien du temple. Le secrétariat général va donc s’attacher à ce que nous soyons réellement complémentaires les uns avec les autres. Le déroulement de nos prochains CAC doit en être le témoin : un lieu de débat vif et engagé, de combat d’arguments, d’entraînement aux joutes verbales, où à la fin l’exercice, nous en retenons les orientations et pas la rancune. Plus que jamais, nous avons conscience de certains dysfonctionnements et défaillances. Des assistances et des réformes sont à mener, avec et non contre tous. Le secrétariat général est le maillon qui va entretenir la dynamique, l’animation et la cohésion entre les services, les salariés, les élus et les partenaires, afin de mener à bien la politique confédérale. La maison a été bien gérée et l’ensemble des salariés est très engagé, motivé et compétent. Je suis très fier d’avoir la responsabilité de ses ressources humaines et je souhaite développer encore plus de synergie entre cette belle équipe et tous nos élus, par la confiance, et grâce à une ambiance de travail sereine, autant efficace qu’innovante.
La deuxième est de partager : autant pour nos cadres que pour nos adhérents. Connaître et comprendre doit permettre de susciter et de favoriser l’action. Le secrétariat général sera le garant de la délivrance par l’ensemble des services, d’une information claire et judicieuse, du décryptage de l’actualité et des positions syndicales.
Enfin, la troisième est d’engager. Nous aspirons tous à progresser dans notre métier, comme dans nos fonctions et responsabilités syndicales. L’adhésion syndicale aux CDF, la fonction de cadre, doivent être une vraie valeur ajoutée. Le secrétariat général s’attachera donc à développer une formation continue ambitieuse, motivante et experte pour nos cadres, afin qu’ils soient engagés et reconnus par leurs adhérents par la transmission et l’animation de leurs territoires.
Durant ce mandat, quelles seront vos priorités ? Les jeunes praticiens ?
Tous les praticiens qui vont exercer ou qui exercent déjà sur le territoire métropolitain ou outre-mer, sont nos priorités et nous souhaitons qu’ils rejoignent notre mouvement. Aux CDF, nous sommes riches de notre diversité : nos adhérents récents ou plus anciens ; chacun doit y trouver sa place.
L’exercice libéral en France, les conditions de travail, la pratique au cabinet dentaire sereine, constituent notre priorité. La formation odontologique délivrée en France à nos étudiants est l’objet de toute notre attention, à travers la valeur des diplômes délivrés, les compétences professionnelles, qu’elles soient cliniques ou de gestion. Enfin, la formation continue des praticiens et des équipes dentaires est évidemment au coeur de nos préoccupations. Lors de mon mandat de président de pôle 1, de 2018 à 2022, j’ai eu l’honneur de conduire les motions et directives qui ont vu éclore les U35, CDF Club et la formation continue maison devenir progressivement CDF Formations, en accord avec le président, Pierre-Olivier Donnat.
Au contraire, tout est à consolider et à renforcer. Les U35, avec une nouvelle équipe et ses nouveaux référents, doivent prendre leurs marques et leurs attaches avec le secrétariat général, et avec les départements. La formation continue CDF doit profiter des ressources internes et de notre expertise et doit continuer de s’ouvrir et à servir d’autres sujets. CDF-Club doit continuer à animer la vie syndicale et à renforcer les liens entre les adhérents. Les partenariats sont à développer pour y trouver encore plus d’avantages pour nos syndiqués.
Le secrétariat général sera l’appui indispensable et le soutien logistique de nos pôles techniques pour discuter et évaluer tous les sujets en soutien de la présidence pour mettre en oeuvre la politique syndicale des CDF définie par nos instances appliquées par notre exécutif.
Comment souhaitez-vous travailler avec Clément Desroches, votre adjoint ?
Je souhaite travailler avec Clément, avec le maximum de proximité et de partage. Même si les titres sont définis entre titulaire et adjoint, nous sommes avant tout l’équipe du secrétariat général où il faudra éventuellement nous suppléer tout au long de l’année. Pour l’instant nous sommes 2 élus, peut-être et souhaitons-le, serons-nous 3 dans quelques temps. Nous avons la chance d’avoir en plus le soutien efficace de nos collaborateurs salariés, notamment Corinne et Delphine. Autant Clément que moi, nous devrons nous ouvrir à l’ensemble des services, faire le lien avec tous les étages, sans restriction. D’ores et déjà, nous avons commencé à établir la liste et l’état des « chantiers » du secrétariat général. Une stratégie en découlera. Nous avons déjà quelques idées que nous ne manquerons pas de partager prochainement, auprès des intéressés.
Questions à Clément Desroches
Vous rejoignez pour la première fois l’équipe du bureau confédéral, pouvez-vous relater votre parcours syndical et professionnel ?
Après avoir passé mon concours de médecine à Dijon, j’ai poursuivi mes études à Clermont-Ferrand jusqu’en 2003, année de l’obtention de mon diplôme. J’ai tout de suite enchaîné avec ma première collaboration libérale avec le Dr Didier Compagnon à Issoudun, dans l’Indre. J’y ai rencontré le Dr Jean-Pierre Bonneville qui était déjà investi au niveau national et qui vient d’être élu trésorier général lors du Congrès de La Rochelle. Je me souviens de discussions fort intéressantes sur l’action des CDF, ce qui m’a fait comprendre l’importance de s’investir dans le syndicalisme, je me suis donc inscrit en 2004 aux CDF du Puy-de-Dôme.
J’exerce actuellement à Lezoux dans le Puy-de-Dôme où je me suis installé en 2005, avant que le territoire ne soit inscrit en zone très sous-dotée. J’ai une activité d’omnipraticien orientée vers la chirurgie, et exerce une activité hospitalière pour pratiquer des soins sous anesthésie générale où j’ai su intégrer une équipe médicale pluridisciplinaire. Enfin, je suis également enseignant dans un organisme de formation pour assistant(e)s dentaires.
À la suite de mon retour dans le Puy-de-Dôme, j’ai demandé à intégrer le bureau de mon département où j’ai pris l’initiative de proposer d’organiser de nombreuses manifestations locales pour les confrères (forums informatique, assemblées départementales, commissions paritaires…). J’ai occupé plusieurs fonctions au niveau local : secrétaire puis trésorier, et enfin président départemental à la suite du Dr Nicole Chamberaud.
Je me suis attaché à redonner de la visibilité et retisser les liens avec les diverses entités de la profession (faculté, Ordre, ARS, CPAM…) et par exemple, à assister les confrères lors d’analyses d’activité ou encore pour les aider dans les obligations administratives à remplir.
Enfin, j’ai été délégué des pôles 1 puis 3, où j’ai pu aiguiser mon appétit pour le débat. Au niveau régional, je représente le syndicat à l’URPS et au niveau de la Commission paritaire régionale.
Qu’est-ce qui vous motive en rejoignant l’équipe nationale ?
Depuis de nombreuses années, le fait de m’être investi dans les différentes instances : CPAM, URPS, ARS, Ordre, Université…, m’a permis d’acquérir une expérience des relations avec toutes ces institutions. Quand Pierre-Olivier Donnat est venu me parler de son projet et m’a proposé de le rejoindre, j’y ai vu la possibilité d’apporter mes compétences au service de la Confédération. L’idée que le travail de terrain puisse trouver une résonance nationale est importante pour moi. Le travail en équipe, le débat, la gestion des différentes composantes de la Confédération (salariés, confrères, membres du bureau, organisations satellite…) sont également des sources de motivation.
Quels seront vos chantiers prioritaires ?
Les missions de secrétaire général adjoint sont vastes, et très importantes. Si je devais en prioriser certaines, je m’attacherais d’abord à renforcer les liens entre les U35, les syndicats départementaux et la Maison. L’unité n’est pas un vain mot.J’ai ensuite une attirance certaine pour le syndicalisme et la défense de nos valeurs. La représentation de notre syndicat dans les diverses institutions nationales, notamment dans nos relations avec l’Assurance maladie et les organismes complémentaires, est, pour moi, une mission que j’attends avec impatience.
Enfin, j’ai pour projet d’assurer la continuité des missions décidées préalablement à mon élection. Je souhaite que l’ensemble des forces vives de notre syndicat nous accompagne dans ce nouveau mandat proposé à Pierre-Olivier Donnat pour faire avancer nos propositions et nos convictions.