“Dans le chaos et la paralysie politique, notre pays a tourné la page de 2025 dépourvu de budget”
Dans le chaos et la paralysie politique, notre pays a tourné la page de 2025 dépourvu de budget. Une loi spéciale promulguée le 27 décembre permet néanmoins, qu’on se rassure, la perception des impôts, et la stabilité du droit fiscal en vigueur ! Cette loi spéciale n’est toutefois pas un budget, et ce pis-aller en forme de roue de secours n’a vocation qu’à assurer la continuité de la vie de la Nation, sans les mesures nécessaires au développement économique et social du pays.
Les contribuables continueront donc à s’acquitter du tribut fiscal. En revanche, les indispensables dispositions destinées à freiner, à défaut de combler, le déficit abyssal des comptes publics, devront attendre l’hypothétique issue des débats parlementaires de janvier.
Le budget de la Sécurité sociale (PLFSS) a de son côté échappé à la censure. Mais, en dépit du retrait de mesures particulièrement délétères, le texte final conserve des points de friction aigus, en particulier ceux qui menacent le système conventionnel et son incontournable corollaire du dialogue et de la négociation. Ainsi, autoriser une décision dans le domaine tarifaire de la CCAM par voie réglementaire, sur la seule proposition du directeur de l’UNCAM, apparaît comme un point de discorde majeur pour les chirurgiens-dentistes comme pour les médecins.Que dire également d’un Objectif national de dépenses d’assurance maladie (ONDAM) fixé à 0,9% pour la «médecine de ville », secteur dentaire inclus, qui apparaît comme totalement déconnecté des réalités, si ce n’est pas totalement absurde !
Face aux différentes crises gouvernementales, une forme de fatalisme traverse parfois notre société, et jamais les Français n’ont semblé aussi désabusés face à leur paysage politique. Alors, vogue la galère ? Non, les praticiens libéraux ont, quant à eux, bien compris les menaces qui pèsent sur leur exercice et demandent le respect du pacte social que constitue la convention.
Les CDF appellent donc solennellement le Gouvernement et la représentation nationale à entendre leurs alertes. Nous les enjoignons de construire des solutions équilibrées, compatibles avec les réalités de terrain ainsi que la soutenabilité de notre système de protection sociale et le respect des professionnels libéraux. L’accès aux soins, la qualité des services rendus et la vitalité économique et sociale de nos territoires en dépendent !
Vous le devinez, ce n’est donc pas sans inquiétude mais toujours avec l’esprit combatif, que je vous présente, avec le Bureau confédéral, nos meilleurs vœux pour cette année 2026.