Menaces sur la prévention bucco-dentaire
Suspension du double tiers payant pour l’examen bucco-dentaire annualisé « 3/24 ans » ainsi que pour les soins associés et mise en place d’un tiers payeur unique, sont, pour les CDF, deux conditions indispensables pour sauver la prévention bucco-dentaire.
La convention, signée en 2023 par les Chirurgiens-Dentistes de France (Les CDF) avec l’Assurance maladie, a entendu poursuivre et amplifier la politique de prévention bucco-dentaire dont les CDF sont à l’origine en tant que partenaire conventionnel depuis plus de vingt ans.
Le nouvel EBD (examen bucco-dentaire) et la « Génération sans carie » devaient définitivement consacrer la démarche prophylactique comme l’une des orientations essentielles des thérapeutiques médicales. Hélas, ce dispositif ambitieux est en grand danger.
Au jour de son application, Les CDF constatent qu’une mise en œuvre efficace est impossible :
- Les éditeurs informatiques n’ont pas reçu les moyens techniques d’intégrer l’EBD dans les logiciels métier des chirurgiens-dentistes;
- Le contrôle d’adhésion à la complémentaire est mis à la charge du praticien avec des modes opératoires incertains;
- Les complémentaires n’ont pas toutes adopté les dispositions techniques nécessaires, etc.
L’ajout d’un deuxième tiers payant alourdit sévèrement les charges administratives du praticien et sacrifie son temps médical. Il prive le chirurgien-dentiste de la garantie légale de paiement dont il doit bénéficier conformément à la loi. À l’évidence, l’absence de payeur unique est un frein au succès du dispositif.
Rien ne justifie cette complexification que les CDF ont déjà rejetée (cf. communiqué de presse du 25/03/2025) et dénoncée depuis de longs mois, alors même que le tiers payant unique a prouvé son efficacité, comme c’est le cas des bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (C2S).
Les Chirurgiens-dentistes de France, réunis en Conseil d’administration confédéral le 29 mars 2025, demandent la suspension du double tiers payant pour l’EBD 2.0 et les soins associés, et exigent la mise en place d’un tiers payeur unique pour sauver la prévention bucco-dentaire.