“Nos jeunes talents méritent de porter leur titre de spécialiste avec fierté, et non comme un boulet limitant leur quotidien.”
Le DESCO (Diplôme d’études spécialisées en chirur gie orale) est un diplôme unique, obtenu après un internat commun, que l’on vienne de la filière médecine ou odontologie. Pourtant, une fois le diplôme en poche, une frontière artificielle et injuste sépare les chirurgiens oraux selon leur origine. Le constat est amer. Aujourd’hui, 66 % des jeunes diplômés issus d’odontologie refusent le titre de spécialiste pour rester « omnipraticiens ». Un comble pour une filière d’excellence !
Pour les chirurgiens-dentistes, choisir le titre de spécialiste revient à accepter une restriction d’exercice. Celle-ci interdit, de fait, la réalisation de prothèses sur implants, verrouillant ainsi l’accès à un exercice libéral complet. À l’inverse, nos confrères issus de médecine ne subissent aucune restriction. Ils peuvent exercer l’intégralité de la spécialité sans entrave.
Cette situation illogique est devenue un handicap majeur pour l’avenir de cette spécialité. C’est pour – quoi les présidents du SNCO, de la Conférence des doyens et du Collège des enseignants en chirurgie orale viennent d’interpeller le Conseil de l’Ordre afin d’obtenir son appui et sa mobilisation face à ce verrou incompréhensible.
Ce combat fait écho à celui des spécialistes en orthodontie. Le 6 novembre 2014, la CPAM du Gard réclamait des indus à un spécialiste qualifié en ODF pour avoir facturé des actes de soins et de chirurgie, pourtant en lien avec son traitement d’orthodontie. Après 6 ans de procédure, l’affaire se termine par un arrêt historique de la Cour de cassation qui donne raison au praticien et fait jurisprudence*.
Cet arrêt crée un levier incontestable pour en finir avec cette absurdité discriminatoire subie par les titulaires du DESCO. Rappelons qu’au sein des 21 pays européens où la chirurgie orale est reconnue, seule la France exige une telle restriction.
Pour les CDF, il est temps de rétablir l’égalité de traitement entre les médecins et les chirurgiens-dentistes au sein de la spécialité, et d’harmoniser nos pratiques avec nos voisins européens. Nos jeunes talents méritent de porter leur titre de spécialiste avec fierté, et non comme un boulet limitant leur quotidien.