En tant que chirurgiens-dentistes, nous sommes en première ligne pour constater les ravages du sucre.

 Cette fin d’année marque un tournant pour la santé bucco-dentaire en France. 

À partir de 2025, les examens de prévention bucco-dentaire (EBD) deviendront annuels pour les jeunes de 3 à 24 ans avec l’objectif de bâtir une « génération sans carie ». Pourtant, détecter les caries précoces et renforcer l’émail des dents par le fluor ne remplaceront jamais la réduction des facteurs de risque individuels, et les discours des chirurgiens-dentistes auprès de ceux qui viennent jusqu’à leur cabinet sont peu de chose face à la présence de sucres ajoutés partout dans les aliments transformés. 

Alors que le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2025 était en discussion à l’Assemblée nationale, une majorité de députés s’est prononcée en faveur d’une hausse des taxes sur les produits transformés à haute teneur en sucre. Au-delà de l’intérêt financier, cette mesure poursuit un objectif de santé publique évident. 

Geneviève Darrieussecq, ministre de la Santé, s’est d’ailleurs prononcée en faveur d’une taxe sur le sucre pour les produits transformés. Pour elle, les industriels et la grande distribution jouent à ce niveau un rôle prépondérant en matière de santé publique et doivent assumer leur part de responsabilité. Cepen dant, cette mesure ne fait pas l’unanimité au sein du Gouvernement, à commencer par les ministres de l’Industrie et de l’Agriculture qui se montrent pour le moins réticents à une telle taxation.

Le vote du PLFSS est prévu à l’Assemblée nationale le 5 novembre, avant d’être examiné au Sénat : nul ne sait à l’heure où sont écrites ces lignes ce qu’il adviendra de cette proposition. Surtout dans le climat politique actuel où les rapports de force sont incessants et souvent contradictoires ! 

En tant que chirurgiens-dentistes, nous sommes en première ligne pour constater les ravages du sucre. Nous voyons chaque jour les incidences d’une consommation excessive sur la santé orale et même générale de nos patients. Raison pour laquelle il est plus que jamais nécessaire d’insister sur les méfaits du sucre sur la santé et de rappeler que le sucre libre, ajouté partout, est un véritable fléau pour nos patients, en particulier chez les plus jeunes. 

Conscients que dans notre pays les prélèvements fiscaux ont atteint des sommets, nous sommes réservés quant à l’apparition de nouvelles taxes dont on ne perçoit pas toujours l’efficience. Dans cet esprit, taxer les produits sucrés n’est sans doute pas une fin en soi. Mais dans le cas présent, c’est un moyen et un lanceur d’alerte afin d’inciter à une consommation plus modérée et à une modification des comportements de la part des consommateurs. Et par là même, de réduire le fardeau économique des maladies liées à l’alimentation. 

En ce sens, cela contribuerait à améliorer la qualité de vie de nos patients et à réduire les inégalités sociales en matière de santé orale ; et pourquoi pas contribuer à financer des politiques de prévention ambitieuses ? 

Alain Vallory

Secrétaire Général

Politique

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