Carpules : un geste simple pour plus de sécurité

4 août 2018
Dépoussiérer les empirismes est souvent bénéfique à la mise à jour des bonnes pratiques. La désinfection des opercules de carpules d’anesthésique, geste évident en soi, doit relever d’une « protocolisation éclairée », au profit d’une sécurité accrue.

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La désinfection des opercules de flacons utilisés en médecine fait partie des bonnes pratiques de soins. Il en va de même pour nos carpules d’anesthésique. En effet, ces conditionnements peuvent être contaminés au cours du stockage par des germes de l’environnement, mais aussi lors de manipulations par des mains insuffisamment désinfectées ou des gants qui ne sont pas ôtés au cours de nos séances de soins. Il faut noter qu’en médecine bucco-dentaire, s'ajoute le problème des aérosols.

Risque faible mais avéré

Le geste paraît empirique et lorsque j’ai interrogé le milieu infirmier sur le bien-fondé de telles pratiques, il m’a semblé enfoncer des portes ouvertes. Le niveau de preuve est en fait assez faible et il faut réellement fouiller pour trouver des documents objectivant le risque de contamination. Ces documents sont en fait relatifs à l’utilisation de flacons multidoses (ce qui n’est pas le cas des cartouches d’anesthésique). Robert Longfield, dans un article paru en 1984 dans Infection Control, vol. 5, n°4, relate la survenue d’infections secondaires à la désinfection de bouchons avec un ammonium quaternaire contaminé (1).

Plus récemment, la Société française d’anesthésie réanimation, dans des recommandations publiées en 1997, rappelait que l’aspiration des produits anesthésiques ne se fait qu’après avoir désinfecté correctement le bouchon du flacon ou le col de l’ampoule (2). Le CCLIN Sud Ouest, dans un document de 2006, nous rappelle enfin les circonstances de contamination microbienne des médicaments (3).

capsule2Bonne pratique

Avant de préparer notre seringue d’injection, la désinfection du diaphragme de la carpule d’anesthésique avec de l’alcool éthylique à 70 % (ou alcool isopropylique à 90 %, pour usage pharmaceutique) doit donc être un geste systématique.

Les notices glissées dans les emballages le rappellent laconiquement. Un encadré, suffisamment visible, imprimé sur les boîtes de conditionnement, nous semblerait opportun de la part des fabricants. L’empirisme doit parfois être dépoussiéré, surtout quand au bout d’un geste simple survient un peu plus de sécurité.

 

 

(1) Nakashima AK. Highsmith AK. Allen JR., et al: Serratia marcescens joint infections following intraarticular injections. Read before the 83rd Annual Meeting of American Society for Microbiology New Orleans, March 1983.
(2) Évaluation des pratiques en anesthésie exposant au risque de transmission croisée, SFAR, CCLIN Paris Nord, SFHH, oct. 2006 Annexe 3, page 39.
(3) Préparation et administration des médicaments dans les unités de soins. Bonnes pratiques d’hygiène CCLIN Sud Ouest 2006, page 14.

 

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