Ordre : le grand dérapage !

31 mai 2021
Les CDF ont toujours fait la distinction entre les prérogatives ordinales et syndicales et refusent de mélanger les genres. Mais les limites ne sont pas toujours distinctes et certains sujets « connexes » relèvent d’une responsabilité partagée entre les deux entités.

À l’heure où les conseillers ordinaux départementaux et régionaux vont élire un nouveau Bureau national, et si nous restons mesurés sur le bilan du mandat écoulé concernant la gestion de la crise sanitaire gorgée d’incertitudes liées à l’évolution de la pandémie et des décisions pour le moins fluctuantes du gouvernement, il nous appartient de nous prononcer sur les décisions ordinales dès lors qu’elles impactent l’exercice quotidien des chirurgiens-dentistes.

Nous avons été pour le moins choqués d’apprendre qu'une communication du 21 mai 2021, faisant état d’une réflexion qualifiée de « commune », entérinerait un statut « officiel » accordé à des chirurgiens-dentistes consultants, lesquels seraient habilités à contrôler, voire à refuser, des actes sur des critères, au final, purement économiques.

Les CDF y sont opposés :

  • Sur la forme : invités à ces réunions en 2019, voyant la tournure que prenaient les débats, ils ont refusé de siéger et de se porter caution de ce qu’ils considèrent comme une violation du secret médical.
  • Sur le fond : il existe un corps de praticiens conseils encadrés par la loi, ainsi que des experts et tout un arsenal réglementaire, qui permettent de contrôler et punir les pratiques abusives. Les CDF sont d’accord pour réguler certains comportements déviants des OCAM, mais la méthode proposée par l’Ordre n’est autre qu’une obligation supplémentaire pour les praticiens, à travers le retour de l’entente préalable, qui serait exigée par un nouveau corps de praticiens dits « consultants », véritables juges et parties à la solde des complémentaires. C’est inacceptable !

Ceci précisé, il est des questions sur lesquelles nous attendons de nos futurs élus ordinaux des positions claires sur lesquelles nous n’avons pas eu, malgré de vagues promesses, les réponses que nous étions en droit d’attendre. Elles concernent notamment :

  • La double cotisation ordinale pour les exercices en SCP, SEL,… dont il nous avait été promis que la seconde serait minorée et sur laquelle nous attendons toujours une réponse.
  • La formation initiale garante d’une offre de soins harmonieuse et de qualité sur le territoire, sans besoin de créer de nouvelles spécialités balkanisantes pour notre profession.
  • Une plus grande souplesse pour celles et ceux qui désirent avoir la possibilité d’être assistés de plusieurs collaborateurs afin de répondre aux besoins de soins, surtout dans les zones sous et très sous-dotées.
  • La reconnaissance de compétences additionnelles…

Autant de sujets parmi d’autres, sur lesquels il appartiendra aux futurs élus de répondre !

Et aux conseillers ordinaux de savoir qui sera en mesure de les porter.

Par Thierry Soulié, Président