Nouveaux visages, nouvelles actions

7 décembre 2020
L’UNECD a renouvelé son Bureau national le 23 octobre dernier. À sa tête, Alexandre Vigne, en 6e année d’études d’odontologie à Lyon. Il évoque les ambitions de la nouvelle équipe et ses premières actions.

Le CDF Mag : Quels sont vos objectifs, en tant que nouveau président de l’UNECD ?

Alexandre Vigne : Mon ambition, et celle du nouveau Bureau, est de continuer à défendre les droits et intérêts des étudiants et d’être un relais privilégié entre eux et les instances académiques, professionnelles, gouvernementales, européennes et internationales, avec lesquelles nous renforcerons nos relations. Nos axes de travail porteront autant sur la professionnalisation de nos seize associations locales que sur la prévention bucco-dentaire, avec la poursuite de notre projet phare « Gardez le sourire » à destination des étudiants de France, l’écologie ou encore, l’amélioration des moyens d’enseignements.

"Nous avons noué de bonnes relations avec les syndicats, représentatifs ou non, et nous souhaitons poursuivre en ce sens". 

Le CDF Mag : Quels liens souhaitez-vous entretenir avec les instances professionnelles ?

A. V. : Nous avons noué de bonnes relations avec les syndicats, représentatifs ou non, et nous souhaitons poursuivre en ce sens. Les étudiants se posent de nombreuses questions sur leur installation et leur exercice futur. Nous aimerions leur apporter toutes les informations nécessaires en impliquant un peu plus l’ensemble des syndicats. Cela vaut également pour les enjeux propres à la profession, tels que les négociations conventionnelles, les élections aux URPS… Nous restons aussi en contact étroit avec l’UFSBD, l’ADF et l’Ordre, par exemple.

 

Le CDF Mag : L’UNECD est également très impliquée au sein de l’European Dental Students Association (EDSA) ?

A. V. : Nous en sommes membres, en effet, et nous aimerions, dans ce cadre, renforcer nos échanges avec les autres pays européens, notamment sur le volet scientifique. Nous proposons ainsi de créer une commission sur ce thème, afin de stimuler la recherche ou encore la corédaction d’articles en odontologie. Nous espérons également pouvoir faire un point sur le coût des études au niveau européen, pour comparer les situations, échanger voire s’inspirer de modèles intéressants. Pour rappel, en France, en 2020, le coût financier de la rentrée était de 3 408,49 € pour un étudiant en chirurgie dentaire entrant en deuxième année, en augmentation régulière depuis de nombreuses années. Sur les 60 000 € que représentent 6 ans d’études à l’université, l’étudiant finance 70 000 € supplémentaires en loyers, assurances, matériel et frais courants durant son cursus. Et ce, sans compter les inégalités entre facultés… Enfin, si les conditions le permettent, nous représenterons la France lors du prochain congrès de l’EDSA, en avril 2021 à Bucarest (Roumanie). 

 

Le CDF Mag : L’UNECD participe actuellement à une campagne de communication sur la santé des étudiants en santé. Pouvez-vous nous en dire plus ?

A. V. : Cela fait plusieurs années que nous discutons avec le ministère de la Santé et les ARS, le ministère de l’Enseignement supérieur, les universités et les instituts de formations sur la question de la santé mentale des étudiants, en vain. À cela s’ajoute la réforme de l’entrée dans les études de santé (REES) qui, trois mois après son entrée en vigueur officielle, reste floue à tous les niveaux. Les « première année » sont dans l’incertitude concernant les modalités de contrôle des connaissances et le contexte de crise sanitaire ne fait qu’aggraver leur anxiété. Pour les autres étudiants en santé, leur mobilisation pour renforcer les équipes hospitalières* empiète dangereusement sur leur formation et ce n’est pas acceptable. C’est pourquoi nous avons, avec les autres fédérations d’étudiants en santé et d’internes, lancé la campagne « Mes Études, Votre Santé » sur les réseaux sociaux, avec le hashtag #PronosticMentalEngagé. Nous avons également synthétisé, dans un rapport dévoilé ce mois-ci, nos constats et nos propositions vis-à-vis de la REES, et rédigé une lettre ouverte pour interpeller le grand public ainsi que les instances gouvernementales et universitaires. Nos efforts commencent à porter leurs fruits : nous avons été reçus le 26 novembre par Olivier Véran lors d’une entrevue dématérialisée. 

 

Le CDF Mag : Quelle était la teneur de vos échanges avec le ministre de la Santé ?

A.V. : Nous avons rappelé la nécessité d’enseignements et de formations de qualité, d’une rémunération à la hauteur du travail effectué, d’équipements de protection individuelle en nombre suffisant pour tous, ainsi que le retrait de stage des étudiants Covid+, même asymptomatiques. Certaines de nos revendications ont été écoutées : il est désormais nécessaire que celles-ci soient appliquées.

 

Le CDF Mag : Comment se déroule la formation des étudiants en odontologie en cette période de seconde vague de Covid-19 ?

A.V. : Nos cours sont maintenus, en présentiel pour les travaux pratiques, en distanciel pour les cours magistraux. Par le maintien de l’exercice libéral, notre activité clinique au sein de nos centres de soins reste normale également. Ce n’est pas le cas pour tous les étudiants en santé. Les étudiants infirmiers de deuxième année, par exemple, voient leur formation suspendue jusqu’en janvier prochain pour qu’ils puissent renforcer les effectifs des équipes hospitalières. Au-delà du déroulement de nos enseignements, nous sommes en pourparlers avec la DGOS, qui souhaite étendre aux étudiants en odontologie une circulaire datant de 2000, autorisant les étudiants en médecine à effectuer des vacations en qualité d’aide- soignant dès la validation de leur 2e année. Nous sommes ouverts à la discussion, mais nous insisterons pour que ces vacations soient volontaires et que les étudiants bénéficient bien de la formation et de l’encadrement adéquats.

 

* Lors de la première vague de la Covid-19, 65,3 % des étudiants en santé ont été mobilisés et plus de 50 % d’entre eux ont présenté un score significatif sur l’échelle de détresse psychologique, selon une étude du centre national d’appui à la qualité de vie des étudiants.