De député à ministre

4 mars 2020
Effet collatéral d’un lamentable épisode politique, Olivier Véran accède au ministère des Solidarités et de la Santé. Il succède à Agnès Buzyn dont on retiendra qu’en rouvrant les négociations conventionnelles, elle a permis de faire « sauter » le désastreux règlement arbitral imposé par Marisol Touraine, que la profession ne voulait à aucun prix sauf la FSDL, qui préfère le pire au mieux à coups de slogans démagogiques.


TS
La ministre a aussi eu la lucidité de faire machine arrière sur le tiers payant généralisé obligatoire dont nous ne voulions pas davantage. Mais elle laisse de nombreux chantiers en suspens à son successeur. Notamment, la mise en place du « 100 % Santé » qui ne doit pas être pour les assurances complémentaires un « alibi » pour déshabiller les actes des autres paniers. La Convention dentaire prévoit un équilibre qu’Olivier Véran devra préserver, comme Agnès Buzyn s’y était engagée, au moyen d’une surveillance stricte du respect des engagements signés.

Autre sujet brûlant, celui de la réforme des retraites, où Les CDF rappellent que les chirurgiens-dentistes, tout en participant à l’effort de solidarité, ont réussi par une gestion rigoureuse à pérenniser leur régime de retraite sans que cela coûte un centime à la collectivité. Ils n’étaient donc pas demandeurs de ce régime universel fourre-tout qui a hélas abouti à un texte à trous rempli de flous. Certes, ils se félicitent des engagements obtenus lors des multiples séances de concertations, mais ils souhaitent les voir clairement précisés dans le texte de loi. Notamment : la préservation des réserves par ceux qui les ont constituées, la conservation du régime de prestations complémentaires de retraite (PCV), les droits ouverts lors du cumul emploi-retraite et la possibilité d’une cotisation supplémentaire pour ceux qui le souhaitent.

Lors du Congrès de l’ADF en novembre 2019, nous avons rencontré Olivier Véran, qui avait dit comprendre nos revendications, lesquelles ont été développées à l'occasion de notre entrevue au ministère du 31 janvier dernier. Le député d’alors est aujourd’hui notre ministre de tutelle.

Les CDF n’ignorent pas l’urgence due au coronavirus, mais les problèmes demeurent et les revendications persistent. Ils ne manqueront pas, lors d’une prochaine rencontre, de rappeler tous ces dossiers au ministre qu’il est devenu.

Thierry Soulié
Président