Contamination des professionnels de la santé orale par le SARS-COV-2

1 avril 2021
La première étude française publiée dans une revue internationale revient sur la contamination des chirurgiens-dentistes et assistants lors de la première vague de l’épidémie Covid-19.

covid

Via l’exploitation d’un questionnaire diffusé au niveau national en avril 2020, l’équipe du Service de médecine bucco-dentaire de l’hôpital Bretonneau (AP-HP Nord - Université de Paris – Pr Benjamin Salmon) a analysé les réponses de plus de 4 000 chirurgiens-dentistes et 1 800 assistants dentaires, un échantillonnage représentant plus de 10 % de l’ensemble des professionnels de la santé orale en France. Les prévalences de la Covid-19 confirmées par test PCR positif sont de 1,9 % pour les chirurgiens-dentistes et de 0,8 % pour les assistants dentaires ; néanmoins des valeurs plus élevées sont retrouvées concernant les manifestations cliniques associées à la Covid-19, tant chez les chirurgiens-dentistes (15 %) que chez les assistants dentaires (11,8 %). Le deuxième volet de cette étude intégrant notamment les données sérologiques est à paraître.

Le Dr Violaine Smail-Faugeron, MCU-PH à l’Hôpital Bretonneau, présente l’étude, dont elle est l’un des coauteurs.

À quoi correspondent ces résultats ?

Cette étude présente les données épidémiologiques obtenues lors d’un sondage mené en avril 2020 chez les praticiens et assistants dentaires français. Le taux de réponse nous permet de dresser un premier constat sur la contamination en cabinet avant le premier confinement national et la déprogrammation des soins non urgents.

Les chirurgiens-dentistes ont-ils été plus infectés que les autres par la Covid-19 ?

Rien ne permet de l’affirmer. La prévalence obtenue par des tests fiables semble placer les professionnels de la santé bucco- dentaire à des niveaux de contamination comparables à ceux de la population générale. Toutefois, il faut rappeler que les tests étaient insuffisamment accessibles lors de la première vague, ce qui laisse supposer une sous-estimation de la prévalence aussi bien dans la population générale que chez les professionnels de santé.

Quelles conclusions pratiques en tirer ?

Si une surcontamination au cabinet ne peut pas être formellement démontrée, plusieurs facteurs de risques présumés ont été confirmés. L’insuffisance rénale chronique, la broncho -pneumopathie chronique obstructive et l’obésité semblent être associées à un risque plus important de contaminations, et le type d’exercice pourrait influencer la transmission du SARS-CoV-2. Une pratique exclusive en parodontologie semble être plus à risque, à l’inverse de l’endodontie, qui induirait moins de contaminations croisées. Il semble également justifié de poursuivre le maintien des équipements de protection individuelle. L’analyse des réponses d’un deuxième questionnaire intégrant notamment les séroprévalences devrait nous apporter plus de précisions, de manière à ajuster les recommandations professionnelles.

 

L’article a été publié le 11 février 2021 en open access sur le site Plos One sous le titre Prevalence and Risk Indicators of First-Wave Covid-19 among Oral Health-Care Workers : A French epidemiological survey. Consultez-le en ligne.