Endométriose : une maladie encore peu connue...

20 juin 2022
10 % des femmes sont atteintes d’endométriose. 70 % d’entre elles souffrent de douleurs chroniques invalidantes et 40 % des cas d’infertilité sont à dus à cette pathologie.

Le gouvernement a mis en place une stratégie nationale de lutte contre l’endométriose. Rencontre avec le docteur Erick Petit, radiologue, fondateur et responsable du Centre de l’endométriose du groupe hospitalier Paris Saint-Joseph et Yasmine Candau, présidente de l’association Endofrance.

Pouvez-vous vous présenter ?

Erick Petit : Je suis radiologue de formation. Je me suis spécialisé dans l’imagerie de la femme après mon internat. On m’avait dit que l’endométriose était une maladie rare et que je n’en verrai jamais pendant ma carrière. Intrigué par cette pathologie, j’ai donc décidé de m’y intéresser et de me spécialiser. 100 % de mon activité est consacrée à l’endométriose. Je suis également fondateur du centre de l’endométriose du Groupe Hospitalier Paris Saint-Joseph et du réseau ville-hôpital endométriose RESENDO dont je suis président. Dans ce cadre, mes équipes sont les partenaires privilégiés des ARS et du ministère des Solidarités et de la Santé. Notre objectif est d’améliorer le parcours de soins et de réduire les délais de diagnostic, dans le cadre de la filière de soins dédiée à l’endométriose Endosud-IDF.

Yasmine Candau : J’ai rencontré l’association Endofrance lorsque j’avais 27 ans. J’ai souhaité à mon tour m’engager pour aider et soutenir les femmes et leur entourage. Nos missions se retrouvent dans notre slogan : Soutenir, Informer, Agir. EndoFrance existe depuis plus de 20 ans et est agréée par le ministère de la Santé. Nos bénévoles apportent du soutien aux personnes atteintes et à leur entourage, informent le grand public sur la maladie. Nous agissons avec les pouvoirs publics et les professionnels de santé pour améliorer le parcours de soins des personnes atteintes d’endométriose. Nous avons participé à la mise en place de la stratégie nationale de lutte contre l’endométriose. Nos bénévoles répondent à plus de 50 000 mails ! C’est énorme ! (Demandes d’informations, d’explications sur la maladie, sur la prise en charge, des demandes d’orientation vers des spécialistes). Nous organisons des évènements, partout en France, pour informer le public. L’objectif est de sensibiliser le public de l’impact de l’endométriose sur le quotidien personnel et professionnel des femmes atteintes. Nous avons également publié des ressources disponibles sur notre site endofrance.org.

Qu’est-ce que l’endométriose ?

E.P : L’endométriose est une maladie chronique inflammatoire hormono-dépendante, qui débute dès les premières règles et se termine à la ménopause. Il s’agit d’une hypercontraction anormale de l’utérus qui a pour conséquence les règles si douloureuses et abondantes. Anatomiquement, il y une rupture de la frontière entre l’endomètre et le myomètre (muscle utérin). Ainsi, des cellules de l’endomètre vont migrer vers le muscle utérin (première fuite). Ensuite, les règles remontent massivement par les trompes, ce qui entraîne des saignements dans le ventre (deuxième fuite). Les cellules de l’endomètre peuvent alors s’implanter à la surface des organes, sur le péritoine (endométriose superficielle) ou attaquer les organes autour de l’utérus, tels que le rectum ou la vessie, on parle alors d’endométriose profonde. Il existe également des formes annexielles telles que les kystes ovariens endométriosiques ou des adhérences entre les organes, sources de douleurs. (...)

 

Retrouvez l'intégralité de l'interview dans le CDF n°1986-1987 du 16-23 juin 2022