Fac d'odontologie : Toulouse vise la médecine 4P

4 septembre 2020
Le CDF Mag est allé à la rencontre de trois figures importantes de la Ville rose : Philippe Pomar, doyen de la faculté d’odontologie, Olivier Hamel, chef de service d’odontologie du CHU, et Serge Armand, responsable du DU d’implantologie. Ils nous expliquent comment leurs disciplines évoluent en combinant exigence intellectuelle, approche sociale et les 4P de la médecine : personnalisée, préventive, prédictive et participative.

CHU Toulouse

Depuis 2015, le Pr Philippe Pomar dirige la faculté d’odontologie de Toulouse résolument axée vers une « médecine 4P » : personnalisée, préventive, prédictive et participative. Il revient également sur le confinement du printemps et raconte comment l’institution s’est adaptée.

  • CDF Mag : Vous dirigez la faculté dentaire depuis cinq ans. Pouvez-vous nous présenter l’établissement ?

Philippe Pomar : La faculté d’odontologie, installée depuis 1976 à Toulouse, accueille 650 étudiants, 3e cycle et formation continue inclus. Ce nombre a augmenté de 12 % depuis mon arrivée avec un projet pédagogique qui oscille entre tradition et modernité. Tradition à travers un enseignement préclinique, sur deux ans, dispensé aux étudiants de 2e et 3e années, qui acquièrent un savoir théorique grâce aux matières fondamentales. Puis, à partir de la 4e année, l’enseignement clinique. Idéalement, nous souhaiterions qu’ils puissent le plus tôt possible débuter leurs stages, dès la 3e voire la 2e année… Nos capacités d’accueil ne sont pas extensibles à volonté, mais nous voulons atteindre les 20 % demandés par le Ministère et pour cela, nous revoyons complètement nos maquettes pédagogiques et l’organisation de nos stages. Ensuite, modernité en matière de pédagogie, car nous nous appuyons sur l’intelligence personnelle de l’étudiant, sa capacité propre et la manière dont on peut faire passer un message avec succès grâce à l’appui du numérique. Le temps où le professeur monologue devant 80 étudiants est dépassé. Nous privilégions donc les conférences aux cours magistraux. Les étudiants y assistent après avoir lu les documents que nous leur avons conseillés. Dans le même esprit, nous développons les contrôles continus et favorisons les examens cliniques objectifs structurés (ECOS), avec une approche séquencée des compétences. Comme en médecine, les étudiants passent leurs examens finaux sur tablette. Cela révolutionne l’évaluation de leurs savoirs, puisque nous identifions en temps réel les questions sur lesquelles les étudiants buttent et donc les enseignements à renforcer.

  • Quelles sont les particularités de la faculté dentaire de Toulouse ?

Incontestablement, l’un des caractères singuliers de notre université est la place accordée aux sciences cognitives. Notre approche est centrée sur le praticien, le patient et l’étudiant. Bref sur la personne et c’est la raison d’être de notre lien avec l’École des hautes études en sciences sociales. Sans sociologie, ni ethnologie ou anthropologie, il n’est pas possible de déboucher sur de nouveaux paradigmes en matière de stratégie, d’économie ou de politique de la santé. Avec des professeurs de philosophie de Paris-Descartes, nous travaillons également sur le transhumanisme et l’hybridation. Nous observons l’évolution des techniques et des technologies et étudions les impacts physiques, psychosomatiques et les modifications qu’elles induisent sur le patient et la société.

  • Cet esprit se poursuit-il dans vos actions de recherche biomédicale ?

Bien évidemment. Il influe sur notre formation et notre recherche. J’aime à dire que nous sommes dans la « médecine 4 P » : personnalisée, préventive, prédictive et participative.
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