A bout de souffle...

4 mai 2022
C’est malheureusement le constat que nous sommes amenés à faire ; notre système de santé, s’il a jadis revendiqué être le meilleur du monde, fait preuve aujourd’hui d’insuffisances cruellement mises en lumières surtout depuis la crise sanitaire. À tel point que l’accès aux soins n’est plus pour nos patients un parcours de soins mais un parcours du combattant !

Hélas, la campagne présidentielle, dont on pouvait espérer que la santé figurerait parmi les priorités des candidats, a comme d’autres sujets, du reste, été éclipsée par le remake du match joué cinq ans plus tôt par les mêmes protagonistes, avec les inévitables promesses contradictoires, dont les grands écarts acrobatiques limiteront faute de cohérence la mise en oeuvre.

Hors de question de jeter le bébé avec l’eau du bain et de renier ce qui a été entrepris auparavant ! Cela correspondait à une vision, à des techniques et à des problématiques qui avaient toute légitimité dans le monde « d’avant », mais dont certains dispositifs en auront moins dans celui « d’après ». Notamment en termes de démographie, où il est impensable dans un pays comme le nôtre, de laisser des territoires entiers à l’abandon.

Les exigences des malades n’étant plus les mêmes, la multiplicité des structures de soins, la coopération entre professionnels de santé et la coordination des soins, les différents modes de rémunération et de paiement, la concurrence entre les types d’exercice… font que notre système de santé et l’organisation de l’offre de soins entre ville et hôpital doivent être repensés, au moyen de mesures qui ne peuvent plus être celles du passé.

Les syndicats devront eux aussi s’adapter pour répondre aux enjeux. Certes, il est dans leurs gênes de le faire et ils l’ont toujours fait, mais ils doivent mieux encore prendre en compte les aspirations de leur « base » sans céder au populisme qui hélas, comme ailleurs, pollue les débats et empêche toute évolution positive.

Le syndicalisme dentaire n’échappe pas à la mouvance générale où comme en politique, un fossé d’incompréhension s’est creusé entre les électeurs et les partis traditionnels. C’est grandement dommageable dans la mesure où le syndicalisme reste à ce jour la meilleure et sans doute la seule façon de défendre efficacement et représenter démocratiquement une profession : en ce sens, plus que nécessaire, il est indispensable.

Le syndicalisme reste à ce jour la meilleure et sans doute la seule façon de défendre efficacement une profession

Dans trois semaines, les CDF seront réunis à Dijon en Congrès pour définir la politique de la Confédération pour les quatre ans à venir. Nous aussi, nous devrons passer par la case « réformes » et nous remettre en question pour être encore plus efficaces afin de permettre à nos consoeurs et confrères libéraux de travailler sereinement et de répondre aux enjeux d’aujourd’hui et de demain. Cela se fera avec une nouvelle équipe rajeunie, avec de nouvelles personnes motivées, sincères et capables de mobiliser les énergies, pour impulser…

… un souffle nouveau !

 

Thierry Soulié
Président