Formation, recertification, valorisation

17 novembre 2021
Comme dans bien des domaines, la formation est omniprésente dans l’esprit de chacun ! Qu’il s’agisse de formation initiale universitaire, qui délimite le périmètre d’activité sanctionnée par un diplôme d’exercice, ou de formation continue qui permet de maintenir et d’approfondir nos connaissances ainsi que d’en acquérir de nouvelles, on touche là au domaine de compétences en perpétuelles évolutions au profit du patient et du praticien.

Mais en matière de formation continue, notre pays souffre d’un manque de cohérence et de lisibilité : en clair, d’un dispositif d’entretien et de validation régulière des compétences et connaissances des professionnels de santé. C’est dans cette optique qu’une étape a été franchie récemment avec la notion de recertification (quel vilain nom, ne pourrait-on pas trouver un autre terme ?). Issue d’un projet initié dans un premier temps pour les médecins, la recertification sera élargie à six autres professions de santé, dont les chirurgiens-dentistes.

L’idée serait de commencer par les professionnels les plus récemment formés en les faisant entrer dans cette démarche, dans la continuité de leur formation initiale. Pour les autres, il s’agirait d’instaurer une période de volontariat pendant trois ans, puis une obligation de recertification pendant six ans. Il est précisé que la non-obtention de la recertification ne doit pas conduire à l’interdiction d’exercer, mais si le professionnel n’obtient pas un nombre de crédits suffisants, un délai de six mois supplémentaires lui sera accordé pour compléter son déficit.

Il ne viendrait à l’idée de personne de prendre l’avion, sachant que le personnel navigant et a fortiori les pilotes, n’auraient pas satisfait aux exigences d’une formation continue adéquate, ni à un processus de contrôle et d’évaluation de ces formations ni à un suivi régulier. Il n’y a donc rien d’illogique à ce que ces principes soient appliqués aussi dans le monde de la santé, c’est même souhaitable et salutaire.

Mais notre pays nous a tant habitués aux grandes idées qui aboutissent trop souvent à des montages lourds, complexes et coûteux, à des mille-feuilles administratifs qui nuisent à l’efficacité, que ces idées finissent par dégoûter et décourager même les plus motivés… L’exemple du DPC est en ce point un très bel exemple d’une machine qui peine à montrer son efficacité par manque de lisibilité, de moyens et sans doute aussi par une inadéquation entre besoins et exigences.

La recertification doit s’inscrire dans un parcours professionnel de formation logique, lisible, cohérent, compris et valorisante pour le professionnel de santé.

C’est pourquoi cette recertification ne doit pas être une obligation étatique de plus dans l’arsenal des contraintes que subissent déjà les professionnels de santé. Pour être acceptée, elle doit s’inscrire dans un parcours professionnel de formation logique, lisible, cohérent, compris et valorisante pour le professionnel de santé.

À l’heure où les chirurgiens-dentistes aspirent et s’apprêtent à se retrouver nombreux au Congrès de l’ADF pour parfaire leur formation et s’initier aux nouvelles techniques, ils ne comprendraient pas qu’il en soit autrement !

 

Thierry Soulié
Président