Conte de Noël et comptes publics

15 décembre 2021
Un vrai conte de Noël ! Ce ne sont pas deux, ni trois, mais huit nouveaux sites universitaires de formation en odontologie que le Premier ministre a annoncé vouloir créer, avec la volonté d’augmenter de 14 % les capacités d’accueil en formation initiale sur la période 2021-2026.

Il s’agit « d’orienter les professionnels de santé vers les territoires les plus fragiles du point de vue de la démographie en chirurgiens-dentistes ».

Il était temps, alors que les primo-inscrits avec un diplôme non-français sont devenus majoritaires en cette année 2021, ce qui veut dire que l’Université française forme désormais moins d’un chirurgien-dentiste sur deux inscrits au Tableau de l’Ordre !

Le gouvernement n’ayant cependant livré aucune précision sur les moyens apportés - humains, financiers, logistiques - pour un objectif aussi ambitieux, l’Union des étudiants en chirurgie dentaire (UNECD), à laquelle se sont associés les syndicats de chirurgiens-dentistes, a alerté sur « les dangers » que cela représenterait pour la « qualité » de l’enseignement.

Tout le monde ne croit pas au Père Noël, mais faut-il pour autant le brûler (1) ? L’espoir se nourrit du « désir de croire, aussi peu que ce soit, en une générosité sans contrôle, une gentillesse sans arrière-pensée… » (2). Ne serait-il pas opportun de saisir cette annonce, avec tout ce qu’elle a d’incertain, pour ouvrir l’Université vers des sources de financement privé, qui apparaissent aujourd’hui comme le seul moyen de restaurer l’excellence de l’enseignement français ?

Entre octobre 2019 et octobre 2021, le taux de croissance de notre activité atteint +4,8 %.

Plus prosaïques, les chiffres publiés par l’Assurance maladie témoignent du niveau d’activité des cabinets dentaires. Sur les dix premiers mois de l’année 2021, les remboursements de soins dentaires progressent de +24 % et de +23,1 % sur un an (d’octobre 2020 à octobre 2021). Entre octobre 2019 et octobre 2021, le taux de croissance de notre activité atteint +4,8 %. Si le Père Noël n’existe pas, les CDF - qui signent des conventions avec l’Assurance maladie - ont de longues barbes blanches !

Un autre décompte, publié par le Ministère du Travail, établit la représentativité des chirurgiens-dentistes employeurs. Au-delà de cette nécessité - la représentativité -, les résultats soulignent la culture entrepreneuriale des adhérents de chaque syndicat. Qui aujourd’hui crée des emplois et s’installe au coeur de la cité comme un véritable acteur social et économique ? Qui, au contraire, reste cantonné dans un exercice solitaire, avec peu de ressources humaines ? Les chiffres sont éloquents. Les CDF arrivent largement en tête en représentant 69,46 % des employeurs, la FSDL 21,77 % et l’Union dentaire 8,77 %.

D’autres comptes tout aussi prometteurs attendront 2022 ; la trêve des confiseurs est déjà là ! L’heure est à la douceur et à la concorde que la magie de Noël finit toujours par installer.


Joyeux Noël !

 

Marc SABEK
Vice-président

 

 

1. Claude Lévi-Strauss: « Le Père Noël supplicié », Les Temps Modernes, n° 77, 1952, p. 1572-1590. Paris: Éditions Gallimard. Texte intégral en ligne, http://classiques.uqac.ca/classiques/levi_strauss_claude/pere_noel_supplicie/pere_noel_supplicie_texte.html 
2. Ibid.