Congrès de Dijon : professions de foi des candidats

5 mai 2022
Vendredi 29 avril a eu lieu au siège confédéral l’ouverture par huissier de justice des enveloppes des candidats à la présidence des CDF, dont l’élection se fera lors du Congrès de Dijon le 28 mai prochain. Deux enveloppes ont révélé deux candidatures, celles de Christine Helliot du département des Alpes-Maritimes et de Pierre-Olivier Donnat du département de l’Yonne.

Cette séance publique et statutaire s’est déroulée en présence notamment de Vincent Vernois, vice-président du bureau du Congrès et représentant de Jean-Marie Soulard, président excusé à cette occasion, ainsi que de Jean-Paul Esbrard, président du comité de conciliation et d’éthique. Un tirage au sort devant le même huissier a ensuite déterminé l’ordre de passage de leur profession de foi dans le CDF Mag. L’élection se déroulera le samedi 28 mai à Dijon, après trois journées de travail et les allocutions des candidats.

 

Par la FORCE de nos convictions !

Syndiqué à la CNSD dès mon entrée dans la vie professionnelle, j’ai eu l’honneur d’exercer de nombreuses missions au sein de la Confédération, que ce soit au niveau départemental dans l’Yonne, régional avec l’URPS, ou national dans le Bureau confédéral. C'est fort de cette expérience acquise sur le terrain et au sein de nos instances que je sollicite votre confiance afin de vous représenter à la tête des CDF pour les 4 ans à venir.

Lors du Congrès de Dijon, c’est ensemble que nous définirons la politique de la Confédération pour la prochaine mandature. Avec mon équipe, je mettrai tout particulièrement l’accent sur les conditions d’exercice, les services et la syndicalisation.
C’est ainsi qu’accompagner, servir, et développer, seront les maîtres-mots de ce mandat : autant d’objectifs et de projets concrets que je compte mettre en oeuvre dans le respect des décisions prises au sein de nos instances et que je présenterai aux congressistes.

Accompagner les praticiens dans le développement de leurs structures

Les cabinets dentaires disposent de possibilités de développement souvent insoupçonnées. Cet éventail très ouvert doit être placé dans une perspective de progrès, d’essor et d’épanouissement professionnel applicable à tous les praticiens.
Face aux centres dentaires associatifs, il est de notre devoir d’accompagner nos confrères afin qu’ils disposent des outils nécessaires au développement de leurs structures. Notre responsabilité est de faire éclore des modèles qui conjuguent entrepreneuriat ambitieux et réponses adaptées aux besoins de soins dans tous les territoires. Par exemple, en permettant à chaque praticien libéral de s’adjoindre autant de collaborateurs (libéraux ou salariés) que son plateau technique peut en accueillir. Mais aussi en créant les conditions qui donnent envie à nos jeunes consoeurs et confrères de privilégier l’exercice en cabinet libéral dès leur sortie de l’Université.

Les CDF, LE syndicat au service de ses adhérents

Notre expertise est unanimement reconnue en ce domaine mais cela n’est plus suffisant, il faudra faire plus, toujours plus ! Les évolutions des technologies de l’information et la prépondérance pour ne pas dire l’omniprésence des réseaux sociaux, ont profondément modifié la donne et changé l’image des syndicats en tant que corps intermédiaires. Tant aux yeux des praticiens qui pensent pouvoir trouver « on line » toutes les réponses aux questions qu’ils se posent, que dans les médias et les pouvoirs publics auprès desquels nous devons agir.
Il nous appartiendra donc de faire évoluer nos modes de communication et d’échanges pour affronter ces enjeux et être les influenceurs incontestables de ce monde en mouvement. Ce qui suppose de la réactivité en transformant notre organisation pour répondre sans délai à toutes les sollicitations de nos adhérents. J’en fais une de mes priorités. La formation continue est une obligation, la recertification une réalité. Notre syndicat doit être présent sur ces dossiers avec pour objectif : que le praticien soit en mesure d’accroître ses compétences médicales et son efficience économique pour lui permettre d’exercer sereinement. Le siège confédéral sera donc adapté en conséquence pour appréhender au mieux l’ensemble de ces obligations. Un catalogue de formations sera élaboré, disponible et ouvert aux départements qui souhaitent les organiser, que ce soit en présentiel, virtuel ou hybride.
Notre maillage territorial est une richesse : je souhaite le développer en exonérant autant que possible les syndicats départementaux qui le souhaitent de leurs contraintes administratives. Ce qui leur permettra de se consacrer à la mission dans laquelle ils excellent : le service de proximité, fondé sur une parfaite connaissance du terrain et l’entretien d’un lien étroit, convivial et amical, entre praticiens.

Développer la vie confédérale

Je souhaite donner plus de vie, plus de sens au sentiment d’appartenance de nos adhérents, lesquels partagent les mêmes valeurs, poursuivent les mêmes objectifs et sont confrontés aux mêmes réalités que nous toutes et tous. Ceci passera par une refonte complète de nos manifestations et réunions évènementielles confédérales que je veux plus ouvertes, plus participatives, et plus conviviales. Elles doivent être repensées pour améliorer la synergie syndicale entre les élus du Bureau confédéral et l'ensemble des responsables locaux avec l'objectif d'un meilleur service à nos adhérents. Avec mon équipe, dès le retour du Congrès, je m’attacherai à cette tâche afin que d’ici la fin 2022 nos cadres perçoivent les changements.

Une politique affirmée lisible et volontariste

Un syndicat comme les CDF ne se résume pas qu’aux services et à l’accompagnement. Notre mission est avant tout de défendre les intérêts matériels et moraux des praticiens et cela passe par une politique ambitieuse et courageuse, où la volonté de « faire bien » s’oppose à celle du « faire croire », où la pugnacité dans le combat n’a rien à voir avec les fanfaronnades de pacotilles, où la clairvoyance et la cohérence sont les ingrédients indispensables de la crédibilité sans laquelle on ne peut avancer.
Durant la mandature s’ouvriront de nouvelles négociations conventionnelles dans un climat particulièrement tendu. Les CDF poursuivront leur mission pour une amélioration constante des conditions d’exercice du chirurgien-dentiste afin qu’il soit en mesure de faire face aux besoins des patients et aux enjeux en matière de médecine bucco-dentaire.
Pour affronter tous ces défis, il faut des femmes et des hommes volontaires, dévoués et rompus aux dures joutes syndicales. J’ai constitué une équipe solide et expérimentée, dont la motivation et l’engagement n’ont d’égal que la force des convictions. Pour qu’ensemble nous puissions bâtir l’exercice libéral de demain ! Ce challenge je veux le relever avec vous ! Notre Congrès sera l’occasion d’échanger et de vous en dire plus.
Rendez-vous à Dijon !

PIERRE-OLIVIER DONNAT
• Né le 19 décembre 1967
• Thésé en 1993 (Clermont-Ferrand)
• Installation à Brienon-sur-Armançon (Yonne) en 1994
• Président du Syndicat des chirurgiens-dentistes de l’Yonne (2004-2021)
• Président de l’URPS Chirurgiens-dentistes de Bourgogne et Bourgogne Franche-Comté (depuis 2010)
• Chargé de mission CNSD (2009-2012)
• Conseiller technique CNSD (2012-2015)
• Secrétaire général adjoint CNSD (2015-2018)
• Secrétaire général CDF (2018-2022)

Donnat

L’énergie décuplera nos FORCES

Professionnels libéraux indépendants et responsables, porteurs d’une volonté sociale pour soigner tous les patients qui nous choisissent, Syndicalistes engagés avec une vision à long terme, nous accompagnons nos Confrères pendant les 40 ans que doit durer leur exercice.

Libéral

1) Dans l’action :
Le tiers payant souhaité par l’Assurance maladie et les complémentaires nous retire la responsabilité de la relation financière avec le patient. L’absence d’honoraires dévalorise le soin, il n’a plus de valeur pour le patient. Choisissons le tiers payant, sans les complémentaires.
La liberté d’exercice, c’est le choix du plan de traitement ; des complémentaires remboursent 3 couronnes par an, impossible de réaliser un plan de traitement cohérent pour les patients. Les CDF exigeront la suppression de ces conditions.
La Convention doit permettre d’effectuer des soins de qualité, en remboursant les prêts accordés par des banquiers qui n’hésiteront pas à enfoncer nos confrères en cas de difficulté. Aidons-les dans les choix des investissements.
Autorisons plusieurs collaborateurs et l’assistante de niveau 2 pour augmenter le temps médical.

2) Dans le temps :
Négocions des actes supplémentaires, quel que soit l’acte et sa prise en charge, pour rémunérer le temps passé.
Ne soyons plus dans le collimateur de l’Assurance maladie pour délit statistique lorsque le chiffre d’affaires est élevé.
Réclamons une mise en garde du confrère visé par la CPAM avant tout contrôle d’activité.
Ces contrôles sont violents quant aux récriminations initiales dans les courriers. Faisons respecter la présomption d’innocence.

3) Dans le lieu :
Le lieu d’exercice implique une famille, des enfants à scolariser, un conjoint avec une activité professionnelle. La politique d’aménagement du territoire a failli ces dernières années, notre maillage territorial favorisera l’installation, en présentant les avantages des zones en tension que nous connaissons mieux que l’Agence Régionale de Santé.
Empêchons l’installation de nouveaux centres dentaires subventionnés par l’ARS dans les zones surdotées.
Des Chirurgiens-Dentistes libéraux libérés, c’est la grandeur d’une profession médicale indépendante.

À vocation sociale

Le code de déontologie nous engage à soigner tous les patients, mais pas jusqu’à nous mettre en danger financièrement, avec des tarifs trop faibles pour un plateau technique et des actes de qualité.
Pendant ce temps les centres dentaires subventionnés par l’État privilégient les actes rémunérateurs et ne s’attardent plus sur les soins de base que nous réalisons.
L’Assurance maladie prend en charge toute la population et nous nous en réjouissons, à condition de ne pas être pris en otage et piégés dans une convention qui ne permet plus d’effectuer les soins adaptés pour nos patients.
Je souhaite que nous participions à l’élaboration de la feuille de route pour la prochaine négociation.
Les complémentaires diminuent les remboursements sur les tarifs libres depuis l’instauration du 100 % santé. Ceci empêche les patients de choisir des soins moins remboursés ou non remboursés. La liberté de choix des patients est en jeu.
Les rendez-vous de prévention tout au long de la vie engendreraient des économies pour les caisses d’assurance maladie.
Social pour nos confrères libéraux tout au long de leur vie :
Réaffirmons notre volonté de préserver notre régime de retraite géré par la profession.
Défendons nos réserves très convoitées.

Réclamons des cotisations forfaitaires minorées pour ceux en cumul emploi retraite. Ces confrères participent à l’équilibre démographique, il serait bienvenu de récompenser leurs efforts. Si la loi est modifiée, exigeons la prise en compte des cotisations en cumul emploi retraite pour créer des compléments de retraites.

Obtenons des prêts à taux zéro pour les installations en libéral, ces installations vivifient les villes et les villages, elles participent à l’aménagement des territoires.
Facilitons la transmission des cabinets existants avec des exonérations fiscales et offrons la possibilité d’un accompagnement sénior junior rémunéré pour le sénior qui accepte.
Renégocions les contrats auprès de nos assureurs puisque maintenant l’Assurance maladie prend en charge les arrêts maladie plus tôt et verse des indemnités journalières.

Et visionnaire

Des efforts pour le niveau national :
Le maillage territorial apportera une aide considérable dans l’avenir si nous renforçons nos départements. Je demanderai qu’il n’y ait pas d’augmentation des cotisations nationales dans les prochaines années pour permettre aux départements d’augmenter leur part départementale.
Des services nouveaux :
Imaginons un service organisé nationalement pour les prises de rendez-vous des cabinets qui souhaitent déléguer ce travail.
Cultivons nos liens avec les universités et valorisons les stages dans les cabinets libéraux, en encourageant les étudiants vers l’exercice libéral, ils auront tendance à se rapprocher de notre syndicat.
Revisitons la formation continue, les contraintes administratives seront revues et allégées, et créons un service d’inscription pour les formations prise en charge.
Améliorons la sécurité dans les cabinets dentaires. Notre matériel de plus en plus coûteux attire les voleurs, en particulier le matériel informatique. Demandons une participation de l’Assurance maladie pour s’équiper en moyens de protection.

Conclusion

Notre syndicat est devenu petit à petit un organisme qui fait de l’information et de la pédagogie, il faut retrouver l’esprit syndical qui défend, agit, et s’appuie sur sa base départementale.
Le maillage territorial n’est plus utilisé, il faut le vivifier pour qu’il soit proactif.

Pour demain :
Soyons fiers de notre syndicat,
montrons l’énergie qui nous anime.
Agissons pour ne plus subir.

 

CHRISTINE HELLIOT
• Née le 7 septembre 1956 à Argenteuil
• Diplôme de chirurgien-dentiste en 1984 à Lille. • Chirurgien-Dentiste dans le Nord, en Corse, dans le Var et à Nice.
• D.U. : lasers médicaux, implantologie, esthétique buccale, dommage corporel en cours de validation.
• Assistant hospitalier et universitaire puis attaché hospitalier au centre lasers.
• Secrétaire général CNSD59.
• Conseiller technique CDF en formation continue. • Secrétaire Général adjoint CNSD06. • Présidente de Région CDF PACA.

Christine Helliot