8 nouveaux sites de formation pour améliorer l’offre de soins !

19 janvier 2022
Le gouvernement a annoncé le 3 décembre dernier la création de 8 nouveaux sites universitaires de formation en odontologie à partir de 2022, sous forme d’unités de formation et de recherche (UFR) ou d’antenne de ces UFR, à Amiens, Caen/Rouen, Dijon/Besançon, Grenoble, Poitiers et Tours.

Avec l’objectif affiché « d’orienter les professionnels de santé vers les territoires les plus fragiles du point de vue de la démographie en chirurgiens-dentistes et (…) d’atteindre l’objectif ambitieux d’augmentation de 14 % des capacités d’accueil en formation en odontologie sur la période 2021-2026 », le ministère de la Santé et celui de l’Enseignement supérieur entendent ainsi « augmenter le nombre de professionnels formés et améliorer l’offre de soins ».

Pour les représentants CDF, parties prenantes de ces projets depuis parfois plusieurs années, la création de ces nouveaux sites est à la fois marquée par la satisfaction de voir l’offre de formation mieux répartie sur le territoire national, en particulier pour les régions qui étaient dépourvues d’UFR, mais aussi par les inquiétudes que suscitent les questions budgétaires relatives à la mise en place, avant la rentrée 2022, de ces nouvelles unités d’enseignement. Quid également des ressources humaines nécessaires alors que le corps enseignant d’odontologie peine à recruter et voit les postes vacants se multiplier ?

Les praticiens libéraux, qui ont déjà été sollicités par l’intermédiaire de leurs URPS ou instances ordinales pour participer à l’encadrement des étudiants de ces nouveaux sites, répondront présents. Mais encore faudra-t-il leur proposer un statut en conformité avec les missions et les prérogatives qui leur seront confiées !

Si augmenter le nombre de chirurgiens-dentistes formés dans les facultés hexagonales est un objectif louable en regard du nombre de Français diplômés chaque année dans les facultés espagnoles, belges, roumaines ou portugaises, cet objectif doit être assorti d’une obligation de moyens, garantissant un enseignement de qualité, avec un encadrement suffisant et des conditions matérielles et environnementales satisfaisantes pour tout le cursus de formation ! En ce sens, les financements apportés par les conseils régionaux et collectivités territoriales constituent une bouffée d’oxygène pour un système hospitalo-universitaire asphyxié par les contraintes budgétaires. Mais la qualité de la formation odontologique ne pourra dépendre que de la pérennité de ces subventions régionales. Elle nécessitera un fort réinvestissement de l’État dans un domaine trop longtemps négligé.

Cet objectif doit être assorti d’une obligation de moyens, garantissant un enseignement de qualité

Par ailleurs, si une augmentation de 14 % du nombre d’étudiants admis en odontologie augmentera mécaniquement l’offre de soins, la gageure restera celle de l’installation de ces jeunes consoeurs et confrères dans les régions et les territoires où la démographie professionnelle est la plus en tension. Le renforcement du maillage territorial de l’offre de soins dentaires, volonté affichée des pouvoirs publics, ne s’opérera que dans la stricte limitation du développement des centres de santé associatifs installés dans ou à proximité des grands centres urbains, qui assèchent les ressources humaines de la profession.

Pierre-Olivier Donnat
Secrétaire général