Une voie dans l’impasse

19 janvier 2023
Le 9 janvier dernier, le Président de la République a choisi de formuler ses voeux aux acteurs de la santé dans un hôpital public de la banlieue sud de Paris… Aucun professionnel de santé libéral n’était présent car une délégation sans médecin était inconcevable !

La dispersion de la représentation syndicale de la première profession médicale en France est simplement effrayante. Pas moins de six organisations ont été reconnues représentatives après les dernières élections URPS et aucune n’a « la main » dans le bras de fer avec l’Assurance maladie pour renégocier la convention.

La grève illimitée, les reportings qui décrivent le mal-être des généralistes, les communiqués qui chantent la « fronde déontologique » et bien d’autres actions sur les réseaux sociaux sont l’oeuvre de groupes indépendants, de collectifs militants ou de mouvements associatifs revendiquant leur « a-syndicalisme » et leur « apolitisme ».

Comment alors dénicher la persona grata qui, présente à la cérémonie des voeux, ne provoquera pas le rejet par toutes les autres « familles » ?

Cette impasse aggrave les maux de l’univers sanitaire. Sans interlocuteurs représentatifs et crédibles, aucune solution ne pourra prospérer : ni pour des services d’accès aux soins, ni pour une répartition démographique équitable, ni pour l’utilisation rationnelle et efficiente des ressources nationales.

Cette impasse n’est pas l’oeuvre de collectifs de médecins, ni de coordinations d’infirmières mais de ceux qui ont bouché les horizons du dialogue social. Ils ont marginalisé les corps intermédiaires et transformé les institutions professionnelles en courroies de transmission des délires paperassiers d’une administration coupée du réel.

Or, qui sème le dédain récolte la surenchère populiste.

Cette impasse affecte les médecins mais aussi les chirurgiens-dentistes. Deuxième profession médicale de France, nous sommes en proportion plus libéraux que les médecins et les autres professionnels de santé.

Une troisième voie reste possible1. Aux Chirurgiens-Dentistes de France, premier mouvement professionnel libéral, malgré les secousses et les tempêtes, nous conservons l’équilibre sans lequel aucun corps intermédiaire ne peut perdurer ; être constamment revendicatifs dans la défense des intérêts professionnels et suffisamment pragmatiques pour les conjuguer avec les intérêts de la santé des Français.

Marc Sabek, 1er vice-président

1. J’emprunte seulement la formule, In « Anthony Giddens & Tony Blair: La Troisième Voie, Editions du Seuil, Paris, 2002 ».