L'affaire de tous

16 juin 2021
Lors du scrutin en représentativité syndicale des très petites entreprises qui s’est déroulé récemment, ce sont près de 5 millions d’employés qui ont été appelés à se prononcer pour élire les personnes destinées à les défendre et porter leurs revendications au plus haut niveau. Or, avec une participation de 5,34 %, c’est un véritable effondrement de la représentativité salariale auquel nous assistons, avec comme conséquence de s’interroger sur la valeur et leur poids lors des négociations.

Ce phénomène ne serait pas aussi inquiétant s’il était unique. Avec un taux de participation aux élections URPS en baisse constante depuis 10 ans pour l’ensemble des professions de santé, à moins d’une prise de conscience ou d’un sursaut, nous nous dirigerons inexorablement vers le même schéma que celui des salariés. Dès lors, quelle légitimité aurons-nous dans les années à venir en tant que corps intermédiaires face aux pouvoirs publics, pour négocier dans l’intérêt des praticiens et la santé de nos patients ?
L’action est un moyen, l’engagement une nécessité. Cela revient à dire que sans engagement pas d’action possible ! L’engagement peut prendre plusieurs formes, de manière spontanée ou progressive. Il commence souvent par la participation régulière à des réunions et aux assemblées, là où se forgent les convictions qui se traduisent naturellement par l’adhésion. Au fil du temps, l’envie de se battre pour des idées et défendre des principes et des valeurs, fait qu’on se donne les moyens d’être acteur en s’investissant au sein d’un collectif. C’est ainsi que l’on passe de l’adhésion à l’engagement.

Mais au-delà de l’engagement proprement dit, la très faible participation aux scrutins reflète un manque d’intérêt de la « base », auprès de qui le syndicalisme, quel qu’il soit, a de plus en plus de mal à se faire entendre dans un monde hyper médiatisé et connecté. Cela est sans doute dû au fait que les résultats se construisent et n’aboutissent que dans le temps long, alors que l’époque est à l’immédiateté.

Et pourtant ! Même s’il paraît décalé voire « d’un autre temps », le syndicalisme, quelle que soit la forme (appartenance, soutien, adhésion, engagement…) n’a jamais autant eu besoin d’exister. Car rien n’est jamais acquis et rien ne tombe du ciel ! Après une période électorale intense : URPS, CARCDSF, Ordre…, il est indispensable de rester mobilisé pour agir. Les dossiers professionnels sont nombreux : démographie, soins non programmés, coopération interprofessionnelle, réforme des études, centres de santé avec les risques que cela comporte (*), sans oublier le dossier conventionnel où la prévention bucco-dentaire demeure une priorité comme l’a acté la 74e assemblée générale de l’OMS le 27 mai dernier. Chacun doit comprendre que nous ne pouvons laisser notre avenir aux mains des technocrates ou aux responsables politiques qui ne connaissent que très partiellement notre profession.

L'action est un moyen, l'engagement une nécessité

Le travail des syndicats paraît souvent obscur mais il est indispensable, à quelque échelon où il s’effectue : départemental, régional, national.

Le syndicalisme, c’est l’affaire de tous. Il relève d’une prise de conscience collective de la responsabilité de chacun. Cela sous-entend la participation aux scrutins, l’adhésion à un mouvement syndical, et de l’engagement, quels que soient son âge, son type et lieu d’exercice, et à tout moment.
Le syndicalisme est un des piliers de nos démocraties.

 

Doniphan Hammer
premier vice-président

 

(*) À lire le communiqué de presse à propos du centre Proxidentaire sur cdf.fr