La Mutualité perd les pédales dans un jugement à l'emporte-pièce sur les systèmes de rémunération

18 juin 2020
Énième provocation contre l’exercice libéral de la médecine. Alors même que ce modèle a prouvé toute son efficacité pendant la crise du COVID-19, Thierry Beaudet, président de la Mutualité, s’en prend aux professionnels de santé isolés et propose, dans son dernier communiqué de presse, une pénalisation financière de ce mode d’exercice.

CP

Cette idée selon laquelle seul l’exercice groupé, coordonné, offrirait la synchronisation nécessaire pour prendre en charge les patients et permettrait des économies d’échelle, n’est pas nouvelle. En effet, derrière cette vision bureaucratique, issue de technocrates éloignés des réalités de terrain, se cache une volonté décisionnaire et centralisée de maîtrise des coûts, axée sur la seule gestion du risque.

Or, la crise du COVID-19 a mis en lumière les effets pervers et les limites de cette politique menée depuis une vingtaine d’années, sans apporter la démonstration d’une réelle efficacité sur la santé des patients.

Alors que le monde entier s’oriente vers une vision décentralisée des soins primaires dans l’ensemble des territoires, la Mutualité se permet des jugements à l’emporte-pièce, déconnectés de la réalité du terrain.

Est-ce donc opportun de s’attaquer à la rémunération des soignants isolés qui se sont activement  impliqués pour répondre aux besoins de proximité et qui, par leur engagement, ont démontré leur réactivité et leur faculté d’adaptation face à une situation inédite, faisant écho au mutisme assuranciel ? Comment penser que la concentration, au nom de la mutualisation des moyens, aurait été le moyen le plus efficace pour éviter l’asphyxie complète des hôpitaux ? Et que dire de cette affirmation au regard de la désertification dans les zones sous-dotées et très sous-dotées !

Plutôt que de faire des propositions en dépit du bon sens, les Chirurgiens-Dentistes de France (les CDF) invitent la Mutualité à s’occuper de ce qui la concerne, notamment de faire en sorte de diminuer ses frais de gestion pour permettre une meilleure couverture de ses adhérents.

Les professionnels libéraux de santé n’ont pas besoin de ce type d’affirmation et sont suffisamment responsables pour prendre soin de leurs patients et répondre à leurs attentes et à leurs besoins.